Ma vie de femme de marin

Coucou les filles,

J’ai eu un petit souci d’organisation et je n’avais pas prévu cet article là mais un autre plus beauté, et finalement je n’ai pas envie que mon blog ne tourne que sur la beauté.

Bref, aujourd’hui je voulais vous parler de ma vie de femme de marin. On parle beaucoup plus de l’armée de terre car leurs missions sont particulières, dangereuses et longues. Néanmoins, je vais parler de ce que je connais… Je ne cherche pas à me plaindre, juste à expliquer notre vie parfois particulière.

Mon mari est donc dans la Marine Nationale, mécanicien naval et je précise qu’il est dans les sous-marins, il part en mer, ou plutôt sous la mer plusieurs mois durant.

Je parle de mon ressenti mais je ne pense pas être la seule dans ce cas, lorsque mon chéri n’est pas là, mes émotions sont exacerbées, je suis 10 fois plus triste, 10 fois plus heureuse, 10 fois plus en colère etc…

Les départs sont difficiles à vivre pour nous, et nos hommes doivent savoir qu’ils peuvent avoir confiance en nous, les épouses pour gérer tout ce qui n’ira pas durant la mission. Et je peux vous affirmer bien que moi personnellement je n’ai rien vécu de ce genre il s’en passe des choses ! Une amie a eu un gros souci de chauffe-eau, pour beaucoup ce sont les enfants qui ont tous les maux du monde lorsque Papa n’est pas là etc… Il faut alors être tour à tour maman, papa, médecin, infirmier, plombier, mécanicien, coiffeur, psy etc… Pour celles qui travaillent ce n’est pas simple du tout de tout concilier. Après notre 1er bébé j’ai repris le travail quand Chéri partait en mer et j’étais enceinte, inutile de vous dire que ça n’a pas été facile !

Lors de leur départ, les militaires en général ne peuvent pas vraiment donner de nouvelles souvent, en sous-marin c’est encore plus particulier je dirais.

 En effet, il y a pour le moment deux types de sous-marins en France les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et les sous-marins nucléaires d’attaques (SNA) les missions sont différentes et mon chéri vient de SNA basés à Toulon. Ces bateaux là partent environ 4 mois et ont en général  2 escales durant la patrouille. Quand tout va bien nous avons une correspondance par mail 1 fois par semaine, les mails ne sont pas censés dépasser 5Ko et pour moi c’est impossible, j’aime tellement écrire que c’est super difficile de m’y tenir ! Ces mails ne sont paraît-il pas lu, mais ils passent dans un logiciel qui regarde des mots clés afin que nos hommes n’aient aucune mauvaise nouvelle pour ne pas ternir le moral pour le bien de l’équipage.

Mais voilà, une si petite correspondance ne nous convenait pas car nous loupions une grosse partie de nos vies, 4 mois c’est court mais c’est long ! Du coup, lors de notre première mission/séparation mon mari m’a fait la surprise de poster de son escale aux Etats-Unis un Journal de bord. J’ai pu suivre ses coups de mou, ses coups de gueule, le manque, la mal du pays… J’ai un homme qui vient de la Terre, la campagne et la verdure lui manquent lorsqu’il ne les voit pas. Bref, j’ai pu rire, pleurer, sourire en suivant sa vie et j’ai donc commencé moi aussi mon journal de bord. Il a pu suivre ma première grossesse à distance, mes angoisses, mes peines, mes joies aussi !

Voilà, c’est notre façon de fonctionner et j’avoue qu’elle me plait bien.

Aujourd’hui nous vivons en « célibat géo » c’est à dire que mon mari est à Cherbourg à l’école pour une année scolaire et les enfants et moi sommes à Brest. Pour le moment il rentre tous les week-end, mais lorsque ses cours seront trop prenant il ne rentrera que lorsqu’il le pourra. Ce n’est pas une situation facile à gérer et surtout pour les enfants qui vivent toutes les émotions sans filtres, sans comprendre.

Je ne suis pas quelqu’un qui aime déranger les autres, d’ailleurs c’est très rare que j’appelle mes ami(e)s, et les textos je n’en envoie pas souvent non plus car j’ai peur de déranger. Même lorsque Chéri part en mer je ne pleure pas, ne me plains pas, ne dis rien et pourtant bien souvent j’ai le cœur gros le soir en me couchant seule… L’avantage de notre situation du jour c’est que tous les soirs j’ai un petit message avant de dormir. Alors, oui il y a les autres, celles qui vivent la même chose, mais voilà il faut les connaître déjà, s’entendre avec elles moi je me suis fait 2 copines sur 80 hommes d’équipages dont une après la mission… Et j’ai des amies qui vivent la même chose mais en décalé donc sur le moment quand leurs amoureux sont là, c’est bien trop douloureux de vouloir ressentir les émotions de la séparation. Et puis, nous sommes assez pudiques aussi car on entend (trop) souvent qu’on a choisit, qu’on le savait avant, que ça passe vite, qu’on a de la chance, aujourd’hui il y a le téléphone et internet, je suis ravie d’avoir tout ça lorsqu’il est sous l’eau… Alors, on se raccroche à nos textos, nos mails, nos lettres, nos petits mots d’amour laissés sur un post-it ici ou là.

Voilà un petit peu de notre vie à nous, la famille D.

Je vous embrasse et à très vite les filles.

Morgane

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