Mon Valou super trop chou

Il y a deux mois aujourd’hui notre tout petit mourait. C’est maintenant que je prends la pleine mesure de son absence. Lorsque je vois un bébé mon coeur se serre.

Après t’avoir accueilli au sein de notre foyer, nous t’avons dit au-revoir au sein de notre foyer. Le jour de ta naissance Amélie, qui m’a épaulée, m’a dit « tu verras, cet enfant va beaucoup t’apprendre sur la vie ». Et puis voilà. Tu as tout choisi ton arrivée dans notre coeur, ton arrivée sur la terre et ton arrivée dans le ciel.

Quand ton papa m’a appelé j’ai su, j’ai compris. Le premier moment le plus difficile de toute ma vie, aider ton papa à réaliser ce massage cardiaque sur ton corps, si petit.

Et puis l’attente, entendre les machines réaliser ce massage que je sais inutile. Attendre le médecin, celui qui va nous dire les pires mots de notre vie. Regarder ton papa s’effondrer de douleur, de chagrin, moi je suis dans ma bulle. Il va falloir assurer pour les quatre grands, pour ton papa. Et puis, pour moi la mort d’un enfant, d’un bébé n’est pas une nouveauté. Hélas.

Là, le médecin me demande une couche propre, j’ai voulu te la passer moi même, être une dernière fois « ta maman ». Je suis encore plus intimidée qu’avec un nouveau né à qui on a peur de faire mal. Je me sens si gauche.

L’hopital tous les trois, toi collé tout contre ton papa, et mon besoin primaire de maman, tirer mon lait. Ce lait qui ne sert à rien, à personne. C’est dur, tellement dur! Nous attendons, le temps est suspendu, arrêté comme ton coeur.

Malheureusement ça ne s’arrête pas là, il faut encore être dans le présent, la Timone, les médecins, les questions, te laisser là sur ce lit. Savoir que dans les prochaines heures tu vas être autopsié. C’est tellement difficile. J’ai le sentiment d’une violation de ton corps fragile. Lorsque nous quittons l’hôpital après t’avoir touché, regardé une dernière fois j’ai le sentiment de t’abandonner, te laisser à des mains inconnues pour qui tu n’es « personne ».

Une amie m’a dit récemment « Morgane tu es maman de cinq enfants et c’est celui qui n’est plus présent qui te prend le plus d’énergie« . Et c’est vrai !

Mon si petit bonhomme, seulement cinq semaines de vie, mais une si belle vie. Tu nous a tant apporté «  Tu verras Morgane, il va beaucoup t’en apprendre sur la vie« . Et depuis nous voyons tout! Grâce à toi (ou ton absence) j’apprends à déléguer, à accepter l’aide proposée et j’en ai même demandé. Tu m’en apprends déjà sur la vie.

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