#monpostpartum

Bonjour bonjour,

Je suis contente d’aborder ce sujet aujourd’hui, parce que c’est super à la mode il me semble en ce moment… Et il faut « que la parole se libère ». Non, en réalité j’ai eu envie de rebondir sur un podcast écouté il y a quelques temps sur YouTube, celui de Golden Wendy et si globalement je partage son avis il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas du tout d’accord.

J’ai l’impression que le sketch bien connu de Florence Foresti a un petit peu (et à retardement) ouvert la brèche de cette volonté de raconter ce que l’on peut vivre de pire après un accouchement. Et oui, il faut quand même savoir ce qui t’attend une fois que ce splendide petit être t’a rejoint. J’avais écrit un article sur « le corps après l’accouchement » il y a quelques temps déjà. Il faut souvent être prête à se regarder dans le miroir « vide », savoir que tu vas garder ton bidon quelques semaines et que tu peux avoir des douleurs encore longtemps. Le problème de cette mode toute nouvelle qui consiste à tout dire c’est que certes tu es au courant de tout, donc tu as un peu peur quand même, parce que celles qui parlent sont plutôt brut de pomme, mais quoi que tu lises ou écoutes et imagines, ce sera différent pour toi. On m’avait dit : tu verras, les tranchées (contractions juste après une naissance essentiellement lorsque tu allaites Bébé) c’est horrible et plus tu as d’enfants, plus ça fait mal ! Je n’ai jamais eu de tranchées. Bon, selon le personnel médical je suis plutôt dure au mal, physique en tout cas.

De ma petite expérience, parce que oui, quand j’entends une maman de un ou deux enfants dire « à chaque fois que : « j’ai accouché », « j’ai été enceinte » etc… Ça me fait bondir ! Ça ne t’est arrivé que une ou deux fois et on dirait que tu as connu toutes les situations possibles. J’ai vécu cinq accouchements, certes différents : avec péri, avec déclenchement, avec forceps, sans péri, à l’ hôpital, chez moi… Pour autant, ils ont été assez similaires et je n’ai pas connu : la prématurité, la pré-éclemplsie, la césarienne, une hémorragie quelconque etc… Donc je garde une certaine humilité et parle toujours de mes expériences en précisant qu’elles sont personnelles. Ce que j’ai vécu de pire après mes quatre premiers accouchements : le baby blues ! Et justement, selon Melissa « c’est pas grave » sachant qu’elle même ne l’a jamais vécu. Alors, sur le plan médical effectivement tant que ça ne dure pas plus de deux semaines rien d’affolant. Je l’ai vécu pour ma troisième pendant deux semaines et sûrement même deux semaines de plus même si pour les médecins ce n’est pas vrai… Et bien c’était horrible ! Pleurer pour rien pendant des semaines et se dire qu’on ne va pas y arriver je crois que ce n’est pas « rien » ou « pas grave ». Si pour cet enfant ça a été le pire c’est que j’étais seule, personne pour prendre la relève de jour ou de nuit et les deux « grands » aussi à s’occuper, les repas, les bains. C’était à la limite de l’insurmontable pour moi, personne à qui parler puisque justement c’est « normal » et « pas grave ». Vraiment celui-ci a laissé de grosses blessures en moi plus de trois ans après, j’ai compris ma fragilité.

Quand tu es seule et épuisée avec Bébé

Mais on va te parler de l’allaitement HYPER DOULOUREUX aussi ! Sauf que, sans rien édulcorer, je n’ai jamais connu d’abcès ou d’engorgement ! Je ne peux pas inventer quelque chose d’inconnu juste pour dire que pour moi aussi ça a été horrible. Alors oui, pour ma troisième, oui toujours elle, elle passait tellement de temps aux seins que j’avais mal et j’ai saigné, pour le coup, à l’hôpital ils ne m’ont pas beaucoup écouté et ne me laissaient jamais faire comme je voulais. Cependant, pas de choses horribles non plus à en dire…

Si je dois te raconter que physiquement il y a eu des choses que j’ai vraiment mal vécu, c’est dans les deux heures qui suivent l’accouchement, surtout sans péridurale ! Lorsque les sages-femmes appuient sur le ventre très fort pour vérifier les hémorragies. C’est nécessaire, c’est pour notre bien être, mais bon sang, on vient d’accoucher, les contractions souvent pendant plusieurs heures, puis le passage du bébé qui pour mon petit dernier par exemple à été au-delà de ce que je croyais pouvoir supporter en intensité, et elles appuient à nouveau sur Cette zone fragilisée soumise à nouveau aux douleurs, je ne te cache pas que j’étais un peu usée et ça m’a clairement contrarié, même si je sais que le but de mes sages-femmes ultra tournées vers le physio n’était pas là du tout.

En plus, lorsqu’on t’appuie sur le ventre de cette façon, et bien ça donne des gaz, hyper glamour, toujours ! voilà ce que physiquement j’ai le moins supporté.



Il y a un point que Mélissa a évoqué et pour lequel je ne partage absolument pas l’avis ! elle dit qu’on doit pouvoir dire ce que l’on ressent à tout le monde, même cette copine, sœur, belle-sœur ou cousine qui elle ne peut pas avoir d’enfant et attend son tour depuis parfois plus de dix ans et tant pis pour la jalousie. Heu…. A mon sens non ! un peu de savoir vivre, dans mon entourage il y a des gens qui ne peuvent avoir d’enfant depuis des années et si j’ai besoin de vider mon sac ce n’est pas avec eux que je vais le faire, parce que cette fatigue qui m’assaille ils rêvent de la connaître, les nausées, les vergetures même, pourquoi pas aussi une sciatique et le dos qui bloque (c’est du vécu de grossesse ou juste après). Je pense que l’humilité, sans orgueil, bien sûr qu’on peut dire qu’on est fatigué ou que telle ou telle chose n’est pas comme l’idéal imaginé mais pitié un peu de pudeur pour ses couples en attente ! En tout cas c’est vraiment de cette façon que je le vois, bien sûr je ne suis pas parole d’Evangile, je n’ai pas raison et les autres tort mais quand même.

Mélissa regrette aussi que souvent les gens s’attendent à nous voir rayonnante de bonheur et ne comprennent pas la fatigue ou le baby blues et oublient ce que c’est dans la réalité. Oui, une naissance c’est merveilleux, mais ça chamboule, tout ! je pourrai répondre à cela que lorsque mon bébé est mort j’ai entendu et vraiment bien trop souvent « tu n’as pas le droit de pleurer, tu as d’autres enfants » « tu n’as pas le droit d’être triste, tu as ton mari ». Ce n’était pas dit méchamment, je le sais, mais si pour la mort de ton enfant tu n’as pas le droit de pleurer, à sa naissance ce n’est juste pas envisageable pour bien des personnes. Et pourtant, la fragilité, la vulnérabilité sont tellement présentes que ce soit un premier ou un cinquième d’ailleurs, une nouvelle maman a besoin de bienveillance, d’être entourée de gens qui l’aiment.

Enfin, globalement, même si certaines choses dans le début de chaque maternité m’a marqué je n’ai pas plus été traumatisée que par certaines choses vécues par le passé. Je crois qu’il faut aussi remettre les choses à leurs places. Evidemment nous ne sommes plus au Moyen-Age ou en 1900, mais accoucher n’est pas une chose exceptionnelle, les femmes vivent des naissances depuis toujours et bien que cela emplisse de fierté, ça reste quelques chose de naturelle ! Ce qui me dérange avec ce mouvement, c’est le voyeurisme qu’il entraîne et le manque d’humilité, l’orgueil me dérange ! A entendre ou lire certains témoignages, devenir mère devrait donner droit à des médailles, personnellement, personne ne m’a forcé à rien. Avant, je me croyais exceptionnelle de supporter les départs en mission, les enfants, faire une croix sur ma carrière professionnelle. Je suis redescendue sur terre depuis, ce sont des choix que nous avons posé en couple, mon mari ne m’a pas forcé ni pour les enfants, ni pour le travail, pour ce qui est des missions et bien, je le savais avant de me marier donc à présent je n’ai plus réellement envie de me plaindre.

Peut-être que le décès d’un enfant aide à voir la vie différemment. Je sais à présent que la fatigue passe, la lassitude de se répéter aussi, les levers nocturnes s’arrêtent une nuit ou l’autre, il faut de la patience.

Evidemment, si cette fatigue, angoisse, lassitude prennent le dessus il faut se faire aider et je suis la première à le dire, ça fait plus de 5 ans que je vais voir une psy, avec des pauses mais quand même. Néanmoins, me décentrer un peu de mon petit nombril m’a aidé à me sentir mieux, voir qu’il y a des gens qui vivent la même chose et s’en sortent, et des gens qui vivent des situations autrement plus difficiles et s’en sortent !



Voilà mon ressenti autour de toute cette histoire de post partum qui a mon sens prend beaucoup trop d’ampleur, il existe des sages-femmes, des amies, les réseaux sociaux, lorsqu’on veut savoir on peut trouver les réponses. Et je reste persuadée qu’une sage femme est plus à même à répondre aux questions que bien des « témoignages » sur YouTube.